L’appel du voyage

appel du voyage

(Merci à Laura pour cette belle photo)

 

Il y a deux ans, j’étais en prépa scientifique.
J’étais comme sur des rails, je savais où j’allais. Comme on me l’avait si bien appris.
On nous demande très tôt ce qu’on veut « être plus tard ». Je veux être quoi au juste ? Une femme heureuse, épanouie, avec des rêves pleins la tête et des étoiles plein les yeux !
Ah c’est pas un métier ça? Bon…
Alors j’ai appris à planifier. A organiser mes vœux de vie. Et à bien faire attention à les ranger dans l’ordre de mes préférences.
J’allais aller en prépa, galérer deux ans, rentrer à l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile, trois ans plus tard j’aurais eu mon diplôme, puis j’aurais trouvé un CDI dans une compagnie aérienne. Après ça j’aurais rencontré l’homme de ma vie, on se serait mariés, et on aurait trois enfants. Un c’est pas assez, deux si ils se font la gueule ils n’auront plus personne avec qui jouer et quatre c’est une colonie de vacances… Non trois c’est un bon chiffre. On aurait une petite maison à la campagne mais pas trop loin de la ville non plus, le juste milieu.

J’avais tout prévu.

Sauf l’appel du voyage.

Alors me voilà en prépa, pendant la période de révisons des concours blancs.
Mes parents, mon frère et ma sœur étaient partis en sac à dos en Thaïlande pour grimper au bord de l’eau. J’étais la seule qui restait dans cette maison bien trop grande et beaucoup trop silencieuse.
A défaut d’explorer le monde, j’explorais mes bouquins.
Tout ce que je faisais perdait de son sens au fil des pages qui défilaient sous mes yeux.
J’ai commencé à me poser des questions. Pleins de questions. Trop de questions.
Pourquoi je fais ça ? C’est ça être adulte ?
Quand j’étais enfant j’avais tellement hâte de grandir.

J’étais enfin adulte.

Pourtant j’avais envie de plus.

Plus d’aventure. Plus d’imprévu. Et surtout plus de liberté.
J’avais envie de partir aux quatre coins du monde avec pour seule maison mon sac sur le dos.
J’avais envie de jamais vraiment savoir ce qui m’attendait le lendemain.
J’avais envie de revenir à quelque chose de plus simple, de plus authentique.
J’avais désespérément besoin de folie.

J’avais besoin de voyage.

Cet été-là je suis partie au Québec, avec mon amie de cœur Cécile et Clément.
J’avais attendu ce voyage avec l’impatience d’une petite fille qui voit les cadeaux sous le sapin sans pouvoir les ouvrir. C’est bien beau de lire des blogs de voyage par dizaine, mais partir pour de vrai ? J’attendais beaucoup de ce voyage. Il devait être la réponse à toutes les questions que je m’étais posée. J’en avais tellement rêvé que j’avais terriblement peur d’être déçue.
Et si ce n’était pas comme je l’imaginais ?
Et si le quotidien d’une vagabonde était trop bien romancé pour être vraiment vécu ?
Et si tout cela devait plutôt rester un simple rêve ?

C’est peut-être mieux comme ça…

Mieux sûrement pas, mais plus simple ?

Pour moi ce voyage fut la réponse, et bien plus que ça. C’était un de ces moments clés de ma vie.
Ce voyage m’a fait comprendre ce qui m’importait vraiment.
Il m’a permis de mieux me comprendre, et de découvrir ce à quoi j’aspirais.
Je ne parle pas seulement de voyage, mais de la vie en général.
Il m’a encouragé à m’ouvrir au monde et aux autres.
Il m’a aidé à ouvrir mon cœur et aimer un homme de tout mon corps.
Il m’a appris à positiver et à prendre l’habitude de voir le bon côté de chaque chose.
Il m’a fait apprécier les conforts simples que j’avais pris pour acquis. En voyageant j’ai redécouvert le plaisir de dormir dans un lit et de prendre une douche par exemple !

J’ai appris tellement de choses sur moi et sur les autres. C’est ce genre d’apprentissage, qui ne s’apprend ni à l’école ni dans les livres, qu’il est nécessaire de vivre pour en saisir pleinement le sens.

Certes j’ai arrêté mes études qui ne me plaisaient pas après ça, mais je n’ai pas dit oui au voyage à 100%.
Je crois que j’avais un peu peur, au fond.
Et que j’avais quand même envie d’avoir une certaine stabilité.
Alors j’ai décidé de poursuivre mes études vers un métier qui me plaît vraiment, et de contenir l’appel du voyage un peu plus longtemps pour vivre plus tard en harmonie et prendre le meilleur des deux mondes.

J’explore le monde dès que j’en ai l’occasion.

Je cultive cet amour du voyage dans mon potager intérieur.

Pour que l’appel du voyage ne me quitte jamais.

 

appel du voyage

 

le cœur en bandoulière

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