L’infini des possibles

 

l'infini des possibles

 

Quand j’étais petite je m’étais demandée pourquoi on tombait amoureux.

Tomber amoureux, d’accord. Mais tomber ?

Au fond c’est un peu ça, on tombe amoureux comme on tomberait d’une chaise. On était bien stable, bien ancré et PAF ça arrive comme ça. Sans prévenir.

Au collège j’avais une amie incroyable que j’aimais d’un amour encore plus incroyable. On était dans notre bulle à nous, pleine à craquer de chansons de Bruno Mars, d’étoiles et de chewing-gums à la cerise. On était tellement bien. Et je me rappelle m’être dit à plusieurs reprises que je ne pourrais jamais être vraiment bien avec un homme, parce que tout paraîtra fade à coté de cette amitié incroyable qu’on avait.

Il fallait bien que ça arrive un jour. Et ce jour-là je suis tombée amoureuse pour la toute première fois. Au fin fond du Québec. Même pas d’un Québécois en plus ! D’un type de mon lycée auquel je n’avais jamais parlé. Il a fallu que je parte de l’autre côté de la planète pour me rendre compte que ce que je cherchais était à quelques minutes de chez moi.

C’est presque ironique.

 

 

J’ai toujours été fascinée par l’infini des possibles de la vie, enfin c’est comme ça que j’ai décidé de l’appeler. Tous les tous petits choix qui font que tu es là où tu es maintenant, et qu’à un tout petit détail près ta vie aurait pu être complètement différente.

Ce moment où tu réalises que s’il y avait eu des embouteillages ce jour où ta mère était partie grimper en montagne, elle serait arrivée quelques minutes plus tard sur le parking. Et elle n’aurait jamais rencontré ton père. Ni accepté de grimper avec lui et ses amis ce jour-là.

Et que toi tu ne serais pas là.

Ou peut être que si.

Mais tu serais pas toi.

Tu serais peut-être une Amélie, une Zoé ou un Maxime.

Parfois j’ai vraiment l’impression que la vie nous fait comme un clin d’œil. J’ai du mal à croire au destin, mais il y a des fois où autant de coïncidence n’est plus un hasard.

 

 

Tonje, ma cousine norvégienne – enfin nos mères sont jumelles alors je la considère comme ma demi-sœur – est partie six mois dans les Alpes pour skier toute la saison. A des centaines de kilomètres de son pays, et à quelques heures de chez moi.

Elle adore ça le ski, c’est ce qui la fait vibrer.

Un jour sur le télésiège elle rencontre une jeune française, Claire, et au fil des jours Tonje et Claire deviennent de bonnes amies.

Claire invite son ami Antoine et un ami de la fac à passer quelques jours au chalet.

L’ami de la fac, c’est Clément. Il a des tâches de rousseur, des cheveux couleur automne et des yeux rieurs.

Tonje est passionnée, et passionnante. Elle transmet à Clément son envie de voyager et de découvrir le monde. De partir au Canada, surtout.

Et il est parti.

 

Un télésiège plus tard et Tonje n’aurait jamais rencontré Claire.

Un télésiège plus tard et Tonje n’aurait jamais inspiré Clément à partir au Canada.

Un télésiège plus tard et Clément n’aurait jamais été plus qu’un inconnu de mon lycée.

Et me voilà ! Au fin fond du Québec, à tomber amoureuse comme on tombe d’une chaise.

A un télésiège près.

 

infini des possibles

(Clément et moi par une belle nuit d’été quelque part au Quebec, chez notre couchsurfeuse Alexandra)

 

le cœur en bandoulière

 

 

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